Quand une Formule 1 freine à plus de 300 km/h avant un virage, une quantité colossale d’énergie part en fumée. Enfin, ça, c’était avant. Depuis 2014, les monoplaces embarquent un système de récupération d’énergie capable de transformer cette énergie perdue en puissance électrique. Ce système, c’est l’ERS, pour Energy Recovery System.
Mais l’ERS ne se limite pas au freinage. Il capte aussi la chaleur des gaz d’échappement, stocke tout ça dans une batterie et redonne un boost au pilote quand il en a besoin. C’est ce qui fait des F1 actuelles les voitures hybrides les plus performantes au monde. Et avec le règlement 2026, ce système prend une dimension encore plus importante.
Voyons en détail comment fonctionne le F1 ERS, quels sont ses composants et ce qui va changer cette saison.
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- L’ERS récupère l’énergie du freinage (MGU-K) et des gaz d’échappement (MGU-H) pour la convertir en puissance électrique.
- Jusqu’en 2025, il apportait 160 ch supplémentaires, soit environ 20 % de la puissance totale.
- En 2026, la puissance électrique passe à 470 ch et représente 50 % de la puissance de la monoplace.
- Le MGU-H est supprimé dès cette saison pour réduire les coûts et attirer de nouveaux constructeurs.
- La gestion de l’énergie par le pilote devient un facteur décisif dans les résultats en course.
L’ERS, c’est quoi exactement ?
L’ERS est le système hybride intégré au groupe motopropulseur des Formules 1. Son principe est simple : récupérer l’énergie qui serait normalement perdue pendant un tour de piste et la réutiliser pour propulser la voiture. Ce système permet de brûler 35 % de carburant en moins par rapport à un moteur purement thermique.
Avant l’ERS, il y avait le KERS (Kinetic Energy Recovery System), utilisé entre 2009 et 2013. Ce premier système ne récupérait que l’énergie cinétique au freinage. L’ERS, introduit en 2014 avec les moteurs V6 turbo-hybrides, a ajouté la récupération thermique et a considérablement augmenté les capacités de stockage et de déploiement.
Les composants du système ERS
Quatre éléments qui travaillent ensemble
L’ERS repose sur quatre composants principaux, chacun ayant un rôle précis dans la chaîne de récupération et de déploiement de l’énergie.
Jusqu’en 2025, le MGU-H représentait 65 à 70 % de la récupération totale d’énergie par tour. Sa suppression en 2026 impose un MGU-K beaucoup plus performant pour compenser cette perte.
Comment fonctionne l’ERS au fil d’un tour ?
Le fonctionnement de l’ERS alterne entre deux phases : la récupération et le déploiement. Ces deux phases se succèdent plusieurs fois au cours d’un seul tour de circuit.
La phase de récupération
Quand le pilote lève le pied ou freine, le MGU-K se transforme en générateur. L’énergie cinétique de la voiture est convertie en électricité et envoyée vers la batterie. C’est le même principe que le freinage régénératif qu’on retrouve sur les voitures électriques de série.
Le MGU-K ne récupère pas l’énergie uniquement au freinage. Il existe en réalité quatre modes de récupération :
- Le freinage classique avant les virages
- Le roulage à mi-régime dans les zones lentes
- La décélération et la roue libre
- Le super clipping : en fin de ligne droite à plein régime, le moteur thermique est bridé et l’excédent d’énergie est redirigé vers la batterie
La phase de déploiement
Quand le pilote a besoin de puissance, le MGU-K puise dans la batterie et fonctionne comme un moteur électrique. Il fournit un boost qui s’ajoute à la puissance du moteur thermique. Sous l’ancien règlement, ce boost était utilisable pendant environ 33 secondes par tour.
Le pilote gère ces phases depuis son volant. Il peut choisir différents modes de déploiement selon la situation : attaque, défense, économie d’énergie. Cette gestion est particulièrement visible dans les dépassements, où le pilote active le mode « overtake » pour disposer de toute la puissance disponible.
En F1, un pilote qui maîtrise sa gestion d’énergie peut gagner plusieurs dixièmes par tour. C’est un avantage aussi important que le talent pur en pilotage.
2026 : la révolution électrique de la F1
Le règlement 2026, qui entre en vigueur cette saison, transforme radicalement l’équilibre entre le moteur thermique et le système électrique. C’est probablement le plus grand changement technique depuis l’introduction des V6 turbo-hybrides en 2014.
Le chiffre qui saute aux yeux : la puissance électrique est multipliée par trois. Le MGU-K passe de 160 à 470 ch, ce qui signifie que la moitié de la puissance d’une F1 2026 est électrique. Les pilotes qui ne gèrent pas bien leur batterie vont littéralement se traîner en bout de ligne droite.
La suppression du MGU-H : pourquoi c’est important ?
Le MGU-H était le composant le plus complexe et le plus coûteux de tout le groupe motopropulseur. Son développement représentait une barrière financière considérable pour les constructeurs souhaitant entrer en F1. En le supprimant, la FIA a ouvert la porte à de nouveaux motoristes.
Résultat : Audi fait son entrée en tant que constructeur et Ford revient en partenariat avec Red Bull et Racing Bulls. Ces arrivées renforcent la compétition entre motoristes, aux côtés de Mercedes, Ferrari, Honda-Aston Martin et Renault-Alpine.
L’impact sur le pilotage et la stratégie
Avec 50 % de puissance électrique, la gestion d’énergie en course prend une toute autre dimension. Un pilote qui déploie trop d’énergie dans les premiers tours risque de se retrouver à court en fin de relais. À l’inverse, celui qui économise intelligemment pourra disposer d’un avantage en fin de course.
La récupération en qualifications sera aussi limitée par le règlement 2026, ce qui ajoute une couche stratégique supplémentaire. Les écuries devront choisir entre maximiser la performance sur un tour rapide ou conserver de l’énergie pour le tour suivant.
Pour les fans qui suivent les courses en direct, un nouvel indicateur visuel fait son apparition : des LED à l’arrière de la voiture indiqueront le niveau d’énergie en temps réel. Si tu t’intéresses à la technologie automobile au quotidien, tu peux aussi découvrir comment fonctionne Autossimo, la plateforme qui digitalise la mécanique pour les professionnels.
De la F1 à ta voiture : un transfert technologique réel
Le freinage régénératif que tu retrouves sur les voitures hybrides et électriques de série est directement issu des technologies développées en F1. Mercedes, Ferrari, Renault et Honda utilisent les données de compétition pour améliorer leurs véhicules de route.
La gestion électronique de l’énergie, les batteries lithium-ion haute performance et l’optimisation des flux énergétiques sont autant de domaines où la F1 fait avancer l’industrie automobile. C’est d’ailleurs l’un des arguments principaux de la FIA pour justifier le passage au carburant 100 % durable en 2026. Si les déplacements du quotidien t’intéressent aussi, jette un œil à notre article sur comment utiliser Mappy itinéraires pour optimiser tes trajets.
La F1 est le laboratoire le plus extrême de l’industrie automobile. Ce qui roule sur les circuits aujourd’hui équipera les voitures de série dans cinq à dix ans.
Conclusion
Le fonctionnement de l’ERS en F1 repose sur un principe simple — récupérer l’énergie perdue pour la transformer en puissance — mais son exécution technique est d’une complexité remarquable. Avec le règlement 2026, ce système passe d’un rôle d’appoint à un élément central de la performance.
La suppression du MGU-H, le triplement de la puissance électrique et l’arrivée de nouveaux constructeurs redessinent le paysage technique de la F1. Les pilotes ne seront plus seulement jugés sur leur vitesse en virage, mais aussi sur leur capacité à gérer intelligemment chaque mégajoule d’énergie disponible. Et si tu veux suivre l’actualité auto sous un autre angle, découvre les avis sur AlloVendu pour tout savoir sur la vente de véhicules en ligne.
FAQ
Qu’est-ce que l’ERS en F1 et comment ça fonctionne ?
L’ERS (Energy Recovery System) est le système hybride des monoplaces de Formule 1. Il récupère l’énergie cinétique lors du freinage grâce au MGU-K et l’énergie thermique des gaz d’échappement via le MGU-H. Cette énergie est stockée dans une batterie lithium-ion puis redéployée sous forme de puissance électrique quand le pilote accélère.
Quelle différence entre le MGU-K et le MGU-H en Formule 1 ?
Le MGU-K récupère l’énergie cinétique produite lors du freinage et fonctionne aussi comme moteur électrique à l’accélération. Le MGU-H capte l’énergie thermique des gaz d’échappement via le turbocompresseur. Le MGU-H est supprimé à partir de 2026 en raison de son coût de développement très élevé.
Combien de puissance l’ERS apporte-t-il à une F1 ?
Entre 2014 et 2025, l’ERS fournissait environ 160 ch (120 kW) de boost électrique, soit 20 % de la puissance totale. À partir de 2026, le MGU-K délivre 470 ch (350 kW), représentant la moitié de la puissance de la monoplace.
Pourquoi le MGU-H est supprimé en 2026 ?
Le MGU-H était le composant le plus coûteux et le plus complexe du groupe motopropulseur. Il constituait une barrière financière majeure pour les constructeurs souhaitant entrer en F1. Sa suppression réduit les coûts et a permis d’attirer de nouveaux motoristes comme Audi et Ford.
Comment les pilotes gèrent l’énergie ERS en course ?
Les pilotes ajustent les modes de déploiement et de récupération directement depuis leur volant. Ils peuvent choisir entre différents réglages selon la situation : mode attaque pour dépasser, mode économie pour préserver la batterie. En 2026, cette gestion devient encore plus déterminante puisque 50 % de la puissance est électrique.




